NON le Mind Mapping n’est pas qu’un simple outil…

Nous entendons souvent dire que le Mind Mapping n’est qu’un outil de plus qui vient s’ajouter à la longue liste des outils bureautiques, de présentation ou de représentation graphique. Nous tenions dans ce post à éclaircir ce point.

Le Mind Mapping ou carte heuristique en français, de la famille des cartes cognitives, est certes un outil mais qui s’appuie sur la méthodologie de la cartographie de l’information, qui elle-même est souvent appelée Mind Mapping. Il y a donc déjà une confusion entre l’outil et la méthode. Cette même méthode se rattache au domaine plus large qui est également une  démarche : celle de la visualisation de l’information.
Beaucoup de notions et de terminologies sont donc rassemblées.
Bien qu’ayant 40 ans d’existence, son usage en France est récent. Il manque de maturité et est étiré dans tous les sens. Il lui faudra encore quelques années pour avoir des frontières qui se clarifient à nouveau. Tout ce que le Mind Mapping peut transporter avec lui de performance, surtout depuis l’arrivée des logiciels, conduit à beaucoup de confusion. N’oublions pas au passage de distinguer le Mind Mapping et le Concept Mapping dont il n’est pas synonyme.

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Si nous voulons rester du côté de l’outil et pour en appréhender le fonctionnement, il faut tout d’abord pouvoir comprendre et saisir le sens de la méthodologie et de la démarche.

Selon la définition de Mackinlay J. D et Shneiderman, la visualisation de l’information est « l’utilisation informatisée de représentations visuelles interactives de données abstraites afin d’amplifier la cognition ». [Card S. K., Mackinlay J. D., Shneiderman B., Information Visualization: Using Vision to Think,]
La cartographie de données est assimilable à un processus qui permet de passer de données à une carte où les données peuvent décrire des connaissances.

Elle s’appuie sur 4 grands principes que nous avons formalisés ci après :
–          La dégrammaticalisation qui permet de travailler sur des mots clés et libère du sens de l’émetteur de l’information et permet au récepteur d’intégrer l’information plus rapidement.
–          La projection: permettre de projeter ses idées sur un papier /écran et de réfléchir sur leur organisation.
–          La dimension spatiale qui nous invite à nous libérer du texte du linéaire pour passer dans une dimension spatiale, de voyager entre le global et le détail…
–          Enfin 4éme principe : les images, qui permettent de stoker et de restituer  les informations en mémoire plus facilement : 1 image = 1000 mots…

Regardons maintenant de plus prêt un des  outils au service de la cartographie de l’information qui en découle: le Mind Mapping ou carte heuristique. La carte heuristique, aussi appelée carte mentale (Mind Map en anglais) est une représentation visuelle et arborescente d’une idée, d’un texte, d’une information ou d’une connaissance. Elle part d’une idée centrale qui rayonne vers d’autres données, formant une structure radiante et arborescente. Elle est souvent agrémentée de couleurs, d’images et de symboles divers.
C’est dans les années 70, que Tony Buzan, un psychologue anglais modélise et rend populaire la méthode de la carte heuristique (ou Mind Map – le Mind Mapping évoque le processus de réalisation d’une carte mentale). Aujourd’hui, grâce à l’émergence des TICS, l’outil à fortement évoluer. A la réalisation ou à la lecture d’une carte mentale, cette dernière fait appel  aux capacités de notre « cerveau » droit grâce aux images, couleurs, formes et aux capacités de notre « cerveau » gauche pour sa structure hiérarchique. La carte heuristique facilite donc le traitement de l’information  par l’exploitation du potentiel de nos « deux » cerveaux ou deux hémisphères cérébraux. Cette Théorie a été développée par Roger W. Sperry qui décrit également le rôle singulier de chaque hémisphère cérébral dans la perception du langage et de l’espace, dans la reconnaissance des visages, les jugements de valeurs, le raisonnement ou l’affectivité.

Le Mind Mapping peut être considéré comme un « bio outil » qui permet aussi bien de faire appel et/ou de renforcer les capacités développées tant par l’hémisphère droit que par l’hémisphère gauche. Il sert donc pour tout profil de personne…

Ce type de carte heuristique aide à structurer et clarifier la vision globale et de détail. Si la carte est souvent présentée comme un outil au service de la vision globale, elle est utile également au quotidien pour focaliser son attention sur le détail.

Notre cerveau est capable de suivre à la fois la structure arborescente et la structure concentrique pour naviguer du global au détail. Il crée en permanence des formes qui l’aident à organiser le réel pour réfléchir et agir vite. Il cherche également à travailler vite en recherchant des structures familières.
Les cartes permettent d’obtenir une image « réfléchissante » de l’organisation de nos idées et de nos connaissances. Nous voyons émerger le sens qui se cache derrière et les liens que nous faisons entre elles. C’est en ça que réside toute sa richesse.

Pour une utilisation individuelle,  l’outil permet de prendre des notes de manière active, d’organiser ses idées, structurer ses actions, mémoriser à long terme, comprendre, analyser, décomplexifier des connaissances pour un meilleur apprentissage, etc.

Dans le processus de communication (utilisation collective de l’outil), nos filtres personnels (filtres sociaux, personnels, culturels, etc..) ainsi que les parasites contenus dans le message influencent le codage et le décodage de l’information. L’interprétation est un processus permanent dans la communication humaine. Le feed-back est alors l’outil de contrôle-qualité le plus simple et le plus nécessaire dans un process de communication.
Le simple fait de projeter une carte sur un écran ou un mur donne un feed-back permanant sur l’information et les décisions qui sont prises, les informations se détachent de l’émetteur pour être visualisées sur un support neutre  non porteur d’émotions comme l’émetteur peut l’être…
La carte va donc jouer un rôle déterminant dans le nettoyage de ces filtres pour que l’information gagne en objectivité.

Les 4 grands principes de la cartographie vus précédemment prennent alors tout leur sens et apportent une grande valeur ajoutée au travail collaboratif pour valider en temps réel  les idées et leurs organisations, pondérer l’information avec des référentiels choisis et compris par tous (couleurs, images, feux tricolores, drapeaux, smiley…).

« Nous détacher de la forme pour pouvoir travailler sur le fond » est donc un énorme avantage qui vous fera gagner en efficacité, rapidité, compréhension, assimilation, prise de décision,…

Alors, le Mind Mapping est il encore un simple outil bureautique à vos yeux ?

Matthieu COTTARD

 

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5 commentaires
  1. Isabelle Mayor dit

    Merci pour cet article précis et didactique.
    Non ce n’est pas si simple!
    Les personnes qui pratiquent rencontrent des problèmes à structurer leur pensée du premier jet…. Et le manque de pratique est un frein à la structuration. Bien qu’être clair du premier coup ne soi pas l’objectif de la méthode.

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  2. Franck Maintenay dit

    Merci pour cette mise au point nécessaire. En effet si on ne s'attarde pas sur le "pourquoi ça marche" du Mind-Mapping, le risque de créer des documents "batards" (mélange d'items graphiques telles que branches, images, couleurs et de phrases complètes) est très fort. Le risque est alors de minimiser l'impact des cartes heuristiques (mémorisation, créativité, strucuturation,…). Pour ma part, je reçois de nombreux contre-exemples inadaptés. La plupart du temps, il s'agit des travaux exécutés par des personnes qui ont vaguement entendu parlé du Mind-Mapping, ont vu quelques résultats et se sont lancés dans la confection de cartes directement dans les logiciels. C'est bien dommage. Je fais systématiquement le parallèle avec l'écriture : si on apprend à utiliser Word à un analphabète (c'est tout à fait possible, par reconnaissance des signes, utilisation des icônes,…), saura-t-il pour autant écrire ? La réponse est non, bien sûr. Donc utiliser un logiciel de Mind-Mapping ne fait pas de vous un Mind-Mappeur ! J'ai toujours quelques réticences à former quelqu'un qui ne connait rien à la discipline à un logiciel de Mind-Mapping. Je consacre systématiquement un peu de temps pour rappeler les règles de bases (qui sont, heureusement, simples !). Et à l'issue de la formation, j'invite les personnes à se documenter sur la discipline. Collaborateurs de Signos, vous êtes assurément sur la bonne voie (ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs) !

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  3. Marco Bertolini dit

    Superbe article !
    Je n'ai rien à ajouter : limpide, complet !
    Je diffuse avec plaisir 😉

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  4. […] background-position: 50% 0px ; background-color:#222222; background-repeat : no-repeat; } http://www.managementvisuel.fr – Today, 10:11 […]

  5. […] avons écrit récemment un article “Non le Mind Mapping n’est pas un simple outil  ! ” et nous en avons profité pour réhabiliter la méthode, l’approche mentale du […]

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