La visualisation d’information

Visualiser des données, c’est choisir une représentation graphique codée avec différentes variables (couleur, taille, forme, position, …) qui débouchent sur différents types de cartes : carte heuristique (Mind Map) ou carte conceptuelle (Concept Map). Les représentations cartographiques sont efficaces pour faciliter, accélérer, fluidifier les accès à l’information et à la connaissance.

Pourquoi utilise-t-on les représentations visuelles de l’information ?

– pour répondre en partie au problème de l’accès à une masse d’information
– pour accélérer le traitement de l’information

Pourquoi ça marche bien ?

Les représentations graphiques sont utilisées car elles exploitent les aptitudes perceptives naturelles de l’utilisateur pour comprendre l’information.
Les outils de visualisation sont conçus comme des « bio-outils » qui tiennent compte du fonctionnement même du cerveau. Celui-ci ne travaille pas de manière linéaire. Il travaille par connexion et association, s’appuie sur les mots, les formes, les couleurs et autres caractéristiques pour coder l’information. Plus ces caractéristiques sont riches et diversifiées, plus le travail d’organisation et de mémorisation est efficace.

Pourquoi le résultat est souvent une Map ?

En plus des variables précédentes (couleur, taille, forme, position, …), le processus cartographique permet d’inscrire l’information dans l’espace.
La dimension spatiale permet de traiter l’information de manière non-linéaire libérant le lecteur de la logique chronologique de l’émetteur de l’information.
Les cartes permettent d’obtenir une image « réfléchissante » de l’organisation de nos idées et de nos connaissances. Nous voyons émerger le sens qui se cache derrière et les liens que nous faisons entre elles. C’est là que réside la richesse de la pensée visuelle.

En bref

 La projection                           Un outil de visualisation comme la carte heuristique et la carte conceptuelle permet de projeter ses idées sur un papier. Cette « cervo-projection » aide à « réfléchir » l’organisation de ses idées en mettant en évidence la hiérarchie de ses idées, les liens que nous faisons entre ces idées.
La dimension spatiale

Un texte linéaire s’organise selon une logique temps. L’organisation spatiale libère de la chronologie de l’émetteur et permet au récepteur d’organiser sa propre circulation dans le document. La « délinéarisation » d’un document permet d’entrer dedans à sa manière.
Les formes et les couleurs

Une information, c’est du texte mais cela peut être aussi un dessin, une vidéo. Le monde de la télévision et de la publicité a très bien compris cela. Réintroduire le dessin optimise le traitement de l’information. Notre cerveau traite plus rapidement une information-image qu’une information-texte.
Le mouvement

Ecrire est mouvement, dessiner aussi. La nature du mouvement a une influence sur notre pensée. Les outils de visualisation permettent de voir le réseau de ses idées sur un papier et de voir « bouger » ses idées. Les logiciels de visualisation sont particulièrement intéressants pour réaliser ce type de travail.
Les mots

Enfin, les outils de visualisation continuent à utiliser les mots mais en les sortant de la phrase. Cette « dégrammaticalisation » libère du sens de l’émetteur de l’information et permet au récepteur de l’intégrer plus facilement dans son réseau personnel d’information.

Extrait de: Bertin, Jacques, Sémiologie graphique, Les diagrammes – Les réseaux – Les cartes, Paris, Editions de l’EHESS, 4e éditions, 2005.

La représentation visuelle des informations offre d’abord une mémoire artificielle et cependant trés performante. Et pour cause, cette mémoire « artificielle » en traduisant des données sous forme d’images disposées dans l’espace, et cela grâce la vision globale toujours permutable (plusieurs directions et divers parcours possibles dans l’approche des éléments), va nous permettre d’établir des relations et des structures imperceptibles dans l’écriture et la lecture du langage verbal ou même mathématique. En effet, celui-ci, se déroulant dans l’axe du temps où les signes se déroulent successivement et unitairement, segmente trop les données et tend à les enfermer sur elles-mêmes, favorisant ainsi davantage une approche analytique qu’une conception synthétique. L’œil saisit instantanément un groupement que l’oreille n’intègre que plus lentement, partie après partie.
Cette liberté que nous pourrions qualifier de « survolante », octroyée par la représentation visuelle (nous pourrions dire peut-être avec plus de justesse « spatiale »), permet donc ensuite de modifier l’agencement des données informatives, celles-ci étant toujours perçues dans leur ensemble et cet ensemble de connaissances étant devenu « plastique » sous le mode visuel. L’esprit, en posant une série de questions selon les buts de connaissance qui le préoccupent, va déceler en réponse des rapports plus ou moins significatifs qu’il va sélectionner et agencer au mieux (rien en effet n’apparaissant sans questionnement et manipulation de la part du récepteur comme du producteur de la représentation graphique). Cette appréhension synchronique et cette « transformabilité » de l’ensemble des données offrent ainsi un champ d’expérimentation heuristique.

Patrick NEVEU

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